Les Particularités du Karaté Goju-Ryu

LE GOJU-RYU est resté à Okinawa un karaté traditionnel utilisant des techniques de saisies, des projections, des clés, des coups de coude et de genou, des attaques aux points vitaux : yeux, parties génitales…. Les blocages comportent beaucoup de techniques mains ouvertes avec ou non des saisie. Tout ces blocages sont circulaires et sans choc. L’attaque est déviée et contrôlée pour empêcher l’adversaire d’enchaîner. Certains blocages sont basés sur la souplesse, le relâchement du bras. Le principe du blocage n’est pas la contraction mais une certaine élasticité ou lourdeur du bras qu’on nomme “ Muchimi ”. Les coups de pieds peuvent être employés au visage à l’entraînement, mais en combat et dans les katas, ils sont courts et toujours en dessous de la ceinture. Le Goju-ryu comporte un travail de renforcement du corps basé sur un travail aux instruments de musculation spécifique, et sur un travail à deux.
Ces instruments de musculation sont destinés à développer la coordination des mouvements, le bon placement du corps et de la colonne vertébrale, la conscience des chaînes musculaires, et la globalité du corps dans chaque mouvement. Cette musculation cherche à augmenter la densité et non le volume musculaire, car un trop grand développement musculaire limite la souplesse et la rapidité. Ce travail vise aussi à renforcer et assouplir tout à la fois le poignet, les épaules, le dos et les hanches. Il développe la puissance mais aussi les sensations musculaire et la focalisation (kime) dans ce relâchement. Il permet de plus de développer l’énergie explosive. Le travail est basé sur la durée ; il ne sert à rien de vouloir manier des instruments trop lourd, il faut choisir une masse adaptée à son niveau et répéter les mouvements plusieurs dizaines de fois. Les instruments les plus répandus sont les suivants :
Les chishi : haltères constituées d’un manche et d’une masse d’un seul côté du manche. Les chishi sont souvent fabriqués avec du bois pour le manche et du ciment pour la masse ; cela permet d’en avoir de toutes les tailles et de tous les poids.
Ce dernier peut varier de 3 à 15 kilo. On saisie le chishi par le manche, puis on exécute divers mouvements soit en sanchin, soit en shiko dachi. Tous ces mouvements s’accompagnent d’une respiration précise. Tout le corps doit participer à chaque mouvement.shichi

Les kami :

jarres de terre cuite dont le col fait une dizaine de centimètres et que l’on saisit avec les doigts (pouce replié) afin de développer la force de saisie, la stabilité dans les déplacements et apprendre à bien positionner les épaules. Au début les jarres sont vides, puis quand le pratiquant les manies avec aisance, on y ajoute un peu de sable tous les jours avant l’exercice.
Le travail est donc progressif et il respecte le corps.

kami

Les tetsugeta :

Sandales en bois lestées ou de fontes destinées à travailler les techniques de jambes, avec on exécute au ralenti divers keri pour développer la puissance de frappe et la fluidité des techniques de jambes.

( il serait néfaste pour les articulations de vouloir exécuter les techniques à vitesse réelle).

les tetsugeta

– Ce travail aux instruments est complété par un travail au poteau de frappe “ makiwara ”, et par un travail à deux appelé “ kote kitae ” qui est destiné à endurcir les muscles des avant bras et donc à protéger les os dans les blocages. Dans sa forme la plus simple les deux pratiquants se frappent mutuellement sur les avant bras. L’intensité du choc est très légère au début de la pratique, puis va en croissant en fonction du niveau. L’important est de bien doser l’intensité du choc par rapport à son niveau, en effet toute lésion musculaire va à l’encontre du but recherché, c’est-à-dire l’endurcissement du muscle. Il existe également un “ ashi kitae ” pour endurcir les cuisses et les jambes. On n’endurcit que les muscles externes, en effet l’endurcissement des muscles internes des bras ou des cuisses est considéré comme nuisible à la santé. Le Goju-ryu possède également un exercice de mains collantes appelé “ kakie ” et que l’on trouve aussi dans les styles internes chinois comme le Tai Chi Chuan et que l’on nomme “ tuishou ”. Cet exercice permet de travailler la stabilité statique et en mouvement, le placement, la vision tactique, l’exploitation des erreurs du partenaire, et à sentir l’autre. C’est donc un très bon exercice d’entraînement au combat. La positions la plus courante en Goju-ryu est sanchin dachi, considérée comme la base du travail de toutes les autres positions.

– Le Goju-ryu comporte 12 katas, 9 sont des katas ramenés de Chine par Maître HIGAONNA Kanryo. Ils ont conservé leur nom en chinois du Fujian, bien que la prononciation en ait été okinawaïsée. Ces katas d’origine chinoise sont : Sanchin, un kata respiratoire de renforcement et de travail interne, Saifa, Seiunchin, Sepai, Sisochin, Sesan, Sanseru, Kururunfa, Suparumpei, qui sont des katas de combats. Maître MIYAGI Chojun a modifié le kata Sanchin, qui se pratique aujourd’hui poing fermés, et il a créé 3 katas nouveaux : Gekisai dai ichi et ni qui sont des katas pour les débutants et le kata Tensho, inspiré d’un kata chinois que Miyagi a vu lors d’un voyage en Chine, et qui se travaille mains ouvertes. Il met l’accent sur la souplesse dans les techniques et est considéré comme le kata complémentaire du kata Sanchin.

– L’entraînement traditionnel commence par l’étude du kata Sanchin et par l’apprentissage des techniques de bases : positions, blocages, attaques de pieds et de bras. Après cet entraînement de base qui peut durer plus ou moins longtemps selon les individus, commence le travail aux instruments et l’étude des katas de combat et de leurs applications “ bunkai ”. Les katas et les bunkai sont considérés dans les écoles traditionnelles comme la seule véritable école du combat. On apprend différentes versions d’un même kata au cours de sa progression, chaque version étant adaptée à un niveau de pratique. Les bunkai, à travers les multiples variantes doivent conduire à la spontanéité, à la vision juste de la distance et des réactions de l’adversaire. C’est le travail personnel du pratiquant de transformer les exercices de base que sont le kata et ses applications en une réalité de combat. Les techniques des bunkai se caractérisent souvent par une simultanéité du blocage et de la contre attaque. Le mouvement est continu, sans rupture. Il est à noter qu’à Okinawa on apprend pas un nouveau kata avant d’avoir pratiqué des années le précédent.

Vidéo:

gojuryu okinawa

 

 

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