Les Sports Olympiques, Sont-ils Dangereux pour la Santé?

Protéger la santé des athlètes fait partie de la mission et du rôle du Comité International Olympique (CIO) selon sa Charte Olympique (page 15). C’est pourquoi, depuis les Jeux de Pékin en 2008, un programme de surveillance a débuté afin de déterminer la fréquence, les caractéristiques et les causes des blessures contractées lors des entraînements et des compétitions pendant la quinzaine olympique.
En coordination avec les fédérations internationales des différents sports et les Comités Nationaux Olympiques, des statistiques ont été établies à Pékin, puis à Vancouver pour les Jeux d’hiver en 2010, afin de développer des mesures préventives. D’après le rapport des Jeux de Londres publié ce mois de mai dans le British Journal of Sports Medicine, 1361 blessures ont été recensées pour 10 568 sportifs en compétition, soit un taux de 13 %. Fractures, luxations, ruptures ligamentaires, chutes et chocs sont inégalement répartis entre les sports du programme olympique. D’après le rapport, voici le top 5 des sports à risque :

1 Taekwondo
Sport olympique officiellement depuis 2000, le Taekwondo, littéralement « la voie du pied et du poing » a compté 50 blessures à Londres soit un taux de 39 %. Le danger ne se situerait pas tant pendant le temps de compétition, puisque 67 % des problèmes rapportés ont été occasionnés lors des entraînements. Au total, plus de la moitié des hommes ont été touchés (52 %) et 5 parmi les 64 combattants ont été arrêtés pendant au moins une semaine. Ce bilan, le pire des Jeux, contraste avec le rapport de la WTF (World Taekwondo Federation) publié en décembre 2012, d’après l’enquête réalisée par la FFTDA (Fédération Française de Taekwondo et Disciplines associées) auprès de ses licenciés âgés de 5 à 65 ans. Grâce à des modifications réglementaires favorisant la précision et la vitesse du geste contre l’intensité des impacts, il a été observé une réduction de 18 % depuis la période 2008-2009. Or, le programme de surveillance des Jeux de Pékin en 2008 avait compté 34 blessures, soit 12 % de moins qu’à Londres. Cette contradiction ne fait que souligner les différences de pratiques selon le niveau de compétition, et l’exigence des combats olympiques. À l’époque, le Taekwondo n’avait pas encore détrôné le football de sa première place des sports à risque.

2 Football
Contrairement au Taekwondo, les femmes y sont plus exposées que les hommes. Elles représentaient 56 % des 35 % de footballeurs blessés. Autre différence, 74 % des accidents ont lieu lors des matches. La Fédération internationale de football association (FIFA) fut pourtant l’une des pionnières en instituant un système de déclaration de blessures lors des tournois majeurs depuis 1998. On sait que la moitié d’entre elles sont causées par des fautes sur l’adversaire. Pourtant, depuis que la FIFA a imposé le port des protège-tibias en 1990, la panoplie de protection physique n’a pas évolué.

3 bmx
Luxation des épaules, des coudes et des genoux constituent la majeure partie du bilan médical des 15 blessés comptabilisés sur les 48 participants au Bicycle Motocross (soit 31 % de victimes). Contrairement au football, la panoplie des pilotes est bien plus fournie pour affronter les pistes accidentées, mais ne suffit pas à sécuriser ce sport dit « extrême » introduit aux Jeux olympiques en 2008.

4 Handball
Le handball présente un taux de 22 %, avec 76 blessures pour 349 joueurs, pour la moitié causées par des contacts. Une précédente étude signalait une augmentation des problèmes physiques lors de la seconde mi-temps, fatigue et prise de risque multipliant les fautes et les maladresses. La promotion du fair-play est avancée en guise de prévention, mais la question du matériel de protection ne semble pas être une piste de réflexion.

5 Athlétisme
Avec un taux de 18 % de blessés, les athlètes sont souvent victimes de lésions musculaire et tendineuses. 61 % des problèmes surviennent à l’entraînement, une statistique qui devrait inciter à revoir les pratiques de préparation à l’effort. Le fait que les champions olympiques en titre (Usain Bolt, Shelly-Ann Fraser, Aries Merritt et Sally Pearson) des courses les plus courtes du programme (100 m, 100 m haies et 110 m haies), ainsi que les champions du monde en titre du 100 m (Yohan Blake et Carmelita Jeter) soient actuellement tous blessés aux ischio-jambiers et indisponibles pour la compétition montre bien la spécificité d’un sport où l’entraînement et la fréquence des compétitions poussent les organismes à leur extrême limite.
Tous sports confondus, le maillon faible des sportifs semble d’ailleurs être la cuisse. Le rapport de 2008 montrait que 147 des 1108 blessures comptabilisées à Pékin se produisaient sur cette partie du corps, le plus souvent par des contractions ou ruptures musculaires. Suivie de près par le genou (12 %) et la tête (9 %).

Les blessures causées par des contacts avec des concurrents se sont trouvées principalement en basketball, football, handball. Les sports comptant le plus de blessures de fatigue et de syndromes de surentraînement sont le plongeon, l’athlétisme et l’haltérophilie, sans pour autant provoquer le retrait des sportifs amoindris. Les retombées de cette étude devraient donner des orientations dans chaque sport pour modifier les règles, les équipement, ainsi que les pratiques de compétition et d’entraînement dans un soucis de protection de l’intégrité physique des athlètes. Ne serait-ce que pour améliorer le rendement sportif lors des compétitions internationales… Une question qui n’intéresse pas vraiment le tir à l’arc, puisque seulement deux archers sur 128 ont été comptés sur les bancs de l’infirmerie des Jeux de Londres.

Source; lemonde.fr

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