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Master Kang, Shin Chul: Etirements,Exercises

Une superbe vidéo de stretching de Master Kang.
il ya plein d’exercices a intégrer dans sont entraînements personnel 😉

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Shinpo Matayoshi

Shinpo Matayoshi (1921 – 1997) le “Maître des Armes” Né à Okinawa il découvrit très jeune les Kobudo, sous la direction de son père Shinko Matayoshi. Son père lui enseigna non seulement les techniques okinawaienne, mais aussi les techniques chinoises qu’il avait lui-même apprises lors de ses nombreux voyages à travers la Chine pour étudier les Arts Martiaux chinois, et en particulier le maniement des armes. Shinpo Matayoshi étudia aussi le Karaté “Kingaï-ryu”, style créé par son père, ainsi que. le Goju-ryu
Après la guerre, il perpétua la tradition familiale en enseignant les Kobudo d’Okinawa dans la ville de Kawasaki dans le département de Kanagawa au Japon. Rentré à Okinawa en 1960, il poursuivit son enseignement dans le dojo de son vieux Maître Seiko Higa (du style Goju-ryu). Il fit de nombreux déplacements au Japon hors d’Okinawa pour dispenser son enseignement. Il était pleinement conscient qu’il manquait de véritables enseignants de Kobudo dans le développement des arts martiaux. Ce qui nuiraient à son développement, malgré le succès international du Karaté.En 1969, il fonda donc le dojo “Kodokan” du nom de son père (Shin Ko, ko signifiant : lumière) afin d’initier ses disciples authentiques aux secrets du Kobudo d’Okinawa. En 1970, Shinpo Matayoshi fonda l’Association de Kobudo des îles Ryūkyū, qui par un enseignement traditionnel fondé sur l’exercice du corps et de l’esprit permet de cultiver chez les jeunes, de véritables valeurs morales sur lesquelles peut se baser la société.

Deux ans après, ayant reçu l’approbation gouvernementale, l’association fut renommée « Fédération du Kobudo d’Okinawa » (All Okinawa Kobudo Renmei).

En 1973, il entreprit un voyage en Europe, puis aux États-Unis afin de favoriser l’expansion du Kobudo dans le monde. Depuis lors, Shinpo Matayoshi organisa de nombreuses manifestations dont en 1976, la première grande réunion des Arts Martiaux. Il effectua également de nombreux déplacements dans diverses régions. En 1976, pour représenter sa fédération et transmettre ses enseignements en Europe, il nomme officiellement Kenyu Chinen, dont il disait qu’il est son meilleur élève, et qui venait de s’installer en France.

Il fit aussi des démonstrations de Kobudo lors de la Cérémonie de restitution d’Okinawa au Japon à Kagoshima. En outre, parmi ses nombreuses activités, on peut noter sa participation à de très nombreuses fêtes et cérémonies. En 1983, il envoya une délégation de Karaté et de Kobudo en tournée en Argentine, au Brésil, au Venezuela et aux États-Unis et en 1984 à Hawaii, à l’occasion du 85e anniversaire de l’immigration japonaise.

Ces voyages avaient pour but de présenter le Karaté et le Kobudo, de développer les échanges internationaux dans le domaine des Arts martiaux et d’instaurer des relations amicales. Ces démarches remportèrent un vif succès.

Il incarnait véritablement l’âme du kobudo traditionnel d’Okinawa. Shinpo Matayoshi est décédé en septembre 1997 à l’âge de 77 ans. 10e dan de Kobudo et 10e dan de karaté, il reçut au Japon le titre rarissime de « trésor impérial vivant ».

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Kenyu Chinen est né en 1944 dans la petite île de Ié, au large d’Okinawa. Il s’intéressa au Karaté en 1959, à l’âge de 15 ans. Il pratiqua le Karaté Shorin-Ryu et le Kobudo, à partir de 1962, à Naha, sous la férule de Maître Shuguro Nakazato 10ème Dan, l’un des principaux successeur de Shoshin ChibanaPuis, un an après, il suivit l’enseignement de Kobudo de Maître Shinpo Matayoshi 10ème Dan.

Étant de frêle constitution, il a dû travailler très dur pour arriver à un certain niveau, ne serait-ce que pour se défendre des “G.I.S” américains des troupes d’occupation, qui prenaient un malin plaisir à attendre les jeunes karatékas à la sortie de leur entraînement pour les attaquer.

Kenyu Chinen, les remercie d’ailleurs beaucoup, car grâce à eux, il est devenu un combattant d’exception.

Plus tard, ayant la ferme volonté de transmettre les enseignements traditionnels qu’il a reçu de ces deux “Grands Maîtres”, Kenyu Chinen fit un premier séjour en France en 1975. Puis quitta Okinawa en 1976 pour s’installer à Paris.

Actuellement 9e Dan Hanshi de Karaté-Do et 8e Dan de Kobudo, il suit encore l’enseignement en Karaté Shorin-Ryu de Maître Katsuya Miyahira 10ème Dan, successeur direct des Maîtres Shoshin Chibana et Chōki Motobu.

Kenyu Chinen a reçu l’ensemble de ses grades par des fédérations officielles okinawaiennes et japonaises.

Il est également le délégué officiel, pour l’Europe, du Karaté Shorin-Ryu et de la Fédération des Kobudo d’Okinawa.

Il a créé la “World Oshukaï Dento Okinawa Shorin-Ryu Karate-Do Kobudo Federation” dont le siège est à Okinawa afin de regrouper tous les pratiquants de Karaté-Do et de Kobudo de tous les pays de par le monde qui suivent son enseignement.

Cette fédération est représentée, dans plus de 20 pays dans le monde, dont la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, etc… pour l’Europe, ainsi que le Canada, l’Argentine, l’Inde, le Cameroun etc… pour les autres continents, et aussi bien sûr Okinawa.

Oshukaï signifie « École des techniques originelles »

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Maître Kasé : Le Sensei du Karaté

Pour de nombreux pratiquants d’arts martiaux dans le monde, il est considéré comme le plus grand combattant du XXe siècle.

À sa mort, en 2004, des karatékas du monde entier sont venus au Père-Lachaise lui rendre un dernier hommage. Il a brillé dans le karaté mondial non seulement pour ses qualités et compétences exceptionnelles mais aussi en raison des innovations décisives qu’il a apportées au karaté.
Son désir permanent de recherche et de progression, mêlé à une connaissance fine du Budo et des classiques de la littérature martiale japonaise, a produit un karaté unique. Tant par son efficacité redoutable que par la synthèse de la pratique traditionnelle du sabre avec le karaté moderne.
D’un combattant hors du commun­, il est devenu une légende mondiale des arts martiaux.

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Une enfance à apprendre à endurer

Pour comprendre le cheminement exceptionnel du personnage et de son art, il faut revenir dans le Japon d’avant la guerre.
Né en 1929 dans la province de Chiba, Taiji Kasé est un enfant calme à la santé fragile.
Son père, qui pratiquait le judo, l’initie tout d’abord à cet art pour renforcer sa santé.
Tous les petits enfants de cette époque, garçons et filles, étaient encouragés à travailler leur « nintai », littéralement leur « force à endurer, à prendre sur eux ».
Dans le Japon de l’avant-guerre, la première des préoccupations n’était pas le bien-être des enfants.
Le Japon militariste baignait dans une atmosphère d’apologie de l’armée glorieuse et victorieuse, et ses enfants devraient un jour ou l’autre devenir des soldats redoutables pour la gloire de l’empereur et du pays.
Les valeurs du Japon ancien réglaient tous les compartiments de la vie et les enfants n’y échappaient pas. Leur seul objectif était de renforcer leur caractère et leur corps.
Mais un enfant reste un enfant, maître Kasé raconta un jour que, sur le chemin du retour de l’école, il tomba et s’écorcha les genoux. Il pleura tout le long du trajet mais en arrivant chez lui, il sécha ses larmes, passa devant son père, droit et impassible, et alla dans sa chambre pour finir de verser ses larmes.
Non que ses parents fussent durs avec lui, c’était juste la bonne façon de se comporter pour un enfant de cette époque.

Kamikaze sauvé par l’armistice

Dans la droite ligne de cette trajectoire, Taiji Kasé s’enrôla à 16 ans dans la marine, dans la section des pilotes kamikazes.
Il reçut la très courte formation de pilote pour les missions suicide. S’il ne s’est pas écrasé sur un porte-avions américain, c’est seulement parce que l’armistice fut signé juste avant qu’il ne reçoive son ordre de mission…
C’était raté pour sa carrière de héros national, mais la porte ouverte à un destin mondial de karatéka.
Le karaté qu’il avait commencé au début de la guerre avec le fondateur du karaté moderne, dit Shotokan, maître Funakoshi, était enseigné avec un esprit d’extrême dureté et de dévouement total.
L’esprit type du samouraï y régnait.
Seule comptait la victoire.
La recherche de la plus grande puissance de coups possible, délivrée avec la plus grande vitesse et sans retenue menait parfois à ce que des combats entre élèves finissent très mal.
Un seul coup pouvait tuer. Il y eut des morts, nous dit un jour maître Kasé. Mais le ministère fermait les yeux, il fallait former des « bushi », des guerriers.
Durant l’après-guerre et l’occupation américaine, Taiii Kasé eut plusieurs occasions d’éprouver son karaté avec des GI’s qui cherchaient querelle aux vaincus.
Les rixes étaient parfois violentes mais les années de dur entraînement et l’esprit de guerrier faisaient la différence.
Les Américains finissaient toujours à terre. Non sans plaisir, on imagine, le pilote kamikaze arrivait finalement à toucher des cibles américaines.

Les Américains forfaits

La passion du karaté chevillée au corps fit que Taiji Kasé, après avoir obtenu une licence en économie et trouvé un travail chez un éditeur, abandonna tout pour se consacrer uniquement à la pratique.
Il fut si zélé et assurément doué que, rapidement, il devint instructeur de combat de la Japan Karate Association (JKA).
À ce titre, il forma toute une génération d’instructeurs de talent parmi lesquels on compte les maîtres Enoeda et Shirai.
Sa puissance, sa vitesse, son endurance, son sens du déplacement et de l’anticipation, son esprit de guerrier lui permettaient de les dominer tous.
Ses aptitudes lui valurent également la charge de relever les défis que lançaient d’autres pratiquants d’art martiaux au jeune karaté.
Pour l’honneur du Japon en reconstruction, pour l’honneur du karaté, il dut livrer nombre de combats « réels » : sans arbitre, sans règles, sans temps… il les a tous remportés. Cet aspect a contribué à former sa réputation de combattant hors pair dans le monde. Au début des années soixante, alors qu’il faisait une tournée de démonstration et de combats aux États-Unis, l’anecdote raconte qu’il y eut une soirée particulière de rencontres entre Japonais et Américains, les maîtres Enoeda et Shirai étaient de la partie.
L’équipe japonaise commençait à être connue pour son efficacité et sa dureté. Il fut alors prévu par l’organisateur des combats qu’un contrat serait signé entre Japonais et Américains pour éviter toute poursuite si les rencontres devaient avoir une issue fatale.
Mme Kasé, rapportait cette anecdote : “Le soir du spectacle, les combattants américains ne se sont pas présentés et l’organisateur, lui, s’est bien réjoui d’empocher l’ensemble des paris. Cette fois, les Américains ont perdu par forfait.”

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Montesquieu, une raison de rester en France

Maître Kasé voyagea ensuite dans plusieurs pays, comme en Afrique du Sud, pour y développer le karaté. Mais l’esprit de l’apartheid déplaisait au maître. Il avait été engagé pour enseigner aux Blancs. Un soir qu’il ne pouvait dormir, il se leva et alla s’entraîner au dojo voisin. À son retour, il trouva son lit criblé de flèches, visiblement en provenance d’autochtones.
Ces raisons le firent partir vers l’Europe.
S’il vint en France à la fin des années soixante, c’était d’abord à l’invitation des premiers pratiquants de karaté qui voulaient un maître japonais pour les entraîner.
Mais s’il a décidé de rester, comme il le dira plus tard, c’est en raison de l’esprit des Lumières et des philosophes français.
Que Voltaire, Rousseau et Montesquieu, qu’il aimait beaucoup, aient décidé de son installation en France, avec sa femme et ses deux filles, voilà qui en dit long sur la profondeur du personnage.
L’état d’esprit et la curiosité ont beaucoup compté dans le développement de son karaté. L’esprit du maître était constamment animé par l’envie de progresser, de s’améliorer, de se perfectionner.
Sa curiosité d’esprit le poussait à s’intéresser à l’astronomie, à la photographie, à la littérature russe, française et bien sûr japonaise. Il lisait et relisait ses classiques martiaux tels « Le traité des cinq roues » du légendaire maître de sabre Myamoto Musashi.
C’est dans cette célèbre « école des deux sabres », qu’il puisa nombre des aspects de son karaté.
Notamment l’idée de se servir de ses bras comme s’ils étaient des sabres. Accentuant ainsi le travail des mains ouvertes (shuto, aîto, etc.), dans les coups, les blocages, ou dans la mise en garde.
On voit ainsi beaucoup de photos de gardes de maître Kasé où ses bras sont tendus en l’air ou derrière son corps, comme un sabreur se mettrait lui-même en garde.
C’est l’un des points de fusion des pratiques des samouraïs avec le karaté moderne qu’a opéré maître Kasé.
Son esprit était toujours en veille, toujours à l’affût, et dans l’attention du moment présent.
Lors d’un stage qu’il dirigeait en Finlande, alors qu’il prenait son petit-déjeuner en compagnie ses élèves dans le restaurant de l’hôtel, un groupe de belles jeunes filles entra dans le restaurant.
Ses élèves assis avec lui tournèrent la tête vers le groupe.
Maître Kasé interpella alors le plus gradé de ses élèves pour lui demander ce qu’il regardait. L’élève, troublé, lui dit qu’il observait les jeunes filles. Maître Kasé lui répondit : « En regardant une femme, il ne faut pas se demander si elle est belle ou pas belle mais… dangereuse ou pas dangereuse. »
La vigilance occupait l’ensemble de son esprit.
Attitude déconcertante pour nous, Occidentaux, latins de surcroît, mais qui a produit des résultats inégalés.

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Le plus important : la liberté
Cette exigence appliquée à lui-même renforça un aspect majeur de sa personnalité. Son amour de la liberté. Dans les années quatre-vingt, il prit ses distances avec la maison mère du karaté, la JKA, car sa recherche personnelle avait repoussé le cadre rigide de la pratique « à la japonaise ».
Avec le temps, il se distancia de la façon de pratiquer qu’il avait apprise au Japon et développa ses propres critères de progression.
Toujours vers plus de liberté d’esprit dans l’expression du karaté. Une pratique martiale traditionnelle, en tant que « do », littéralement de « voie » (comme dans judo, ou aïkido, etc.) doit rendre libre et mener à une profonde connaissance et construction de soi.
Humaniste avant tout, maître Kasé disait souvent dans ses stages que l’homme vit entre « le ciel et la terre ».
Le pratiquant, pour s’améliorer et faire grandir sa pratique, ainsi que lui-même, doit prendre en compte la terre et ses énergies ainsi que le ciel et son immensité.
Aspect poétique ou réalité de ses sensations personnelles, reste qu’il poussait ses élèves dans ce sens, pour le plus grand bien d’un karaté radicalement neuf et plein de promesses.

De l’empereur à l’empereur:

Véritable trait d’union entre le Japon médiéval et moderne, tout autant qu’entre l’Extrême-Orient et l’Occident, maître Kasé, à la croisée des chemins, a connu un destin et une reconnaissance mondiale, dont pourtant il ne se souciait jamais.
La plus touchante des reconnaissances a sûrement dû être un soir d’octobre 1994 à l’ambassade du Japon, à Paris.
À l’occasion d’un des rares voyages de l’empereur du Japon dans notre pays, celui-ci demanda à rencontrer des Japonais notables installés en France. L’ambassadeur convia maître Kasé et sa femme à cette soirée.
Il eut alors l’occasion de rencontrer l’empereur et de discuter avec lui du« budo », de la voie du guerrier, celle des samouraïs. Au dire de Mme Kasé ce fut un moment d’une intense émotion pour lui.
Voilà donc que l’adolescent dont la courte destinée devait être de s’écraser sur un porte-avions américain pour la gloire de son empereur serrait la main d’un autre empereur en tant que personne ayant répandu dans le monde, brillamment et avec honneur, l’un des aspects les plus fascinant du Japon, celui de la « Voie »…

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