Un peu d’histoire

Un peu d’Histoire

Les origines des arts guerriers coréens semblent très anciennes. Sans remonter aux héros-fondateurs de la Corée, des fouilles archéologiques récentes ont permis de mettre en évidence des fresques sur des tombes royales datant de l’époque des trois royaumes (Kogoryo, Sylla, et Paekje 57 av.J.C – 935). Les fresques retrouvées dans un tombeau royal près de Pyonwong prouvent l’existence de méthodes de combat dans la péninsule coréenne.

L’histoire mouvementée du pays prédisposait ses habitants au développement de techniques de combat nombreuses et variées mais également à devenir le carrefour naturel des méthodes martiales venues des deux puissants voisins, l’empire du Milieu et le pays du Soleil Levant.

C’est ainsi que la lutte coréenne (ssireum) trouve sans doutes ses origines dans la lutte mongole, le hapkido puise ses connaissances dans le daito ryu aiki jutsu et le Taekwondo des origines a été fortement marqué par le Karaté Do. Parallèlement, la péninsule coréenne a permis l’émergence de pratiques purement coréennes comme le sadomusul (ou art martial tribal ) ou encore le Taekyon.

Le Taekyon est considéré comme «le père» des autres mudo (arts martiaux coréens). Il occupe une place particulière dans l’histoire des arts martiaux coréens, intimement lié à l’histoire de la Corée. On retrouve sa pratique notamment chez les guerriers Hwarang du royaume Silla (57 av. J.C – 676 ). Ils eurent une forte influence sur l’histoire de la Corée et de l’Asie toute entière pendant plusieurs siècles. Cette chevalerie au service du royaume s’appuyait sur un code d’honneur fondé sur la loyauté au pays, la fidélité aux parents, le courage et l’honneur… . On enseignait parallèlement à cette élite la littérature et la science, la danse, l’art de la guerre, le tir à l’arc, la conduite des chars et bien sûr le combat à mains nues connu sous le nom de Taekyon ou Subaki, à l’origine de l’immense arsenal de techniques de jambes des arts martiaux coréens modernes.

L’introduction des armes à feu va achever l’engouement pour la pratique des arts martiaux dans les milieux militaires pour la déplacer vers les milieux populaires. Cette période correspond à l’achèvement de la dynastie des Koryo (918-1392) et à l’avènement d’une époque qui privilégie les arts et les lettres et qui va considérer la pratique des arts martiaux comme vulgaire et propre aux voyous. Les pratiquants furent progressivement réduits à l’exil intérieur et certains se réfugièrent dans les temples bouddhistes ou dans les montagnes. A l’instar du célèbre temple de Shaolin en Chine, où les moines préservèrent l’héritage martial pendant près de 6 siècles (1392-1910).

La Colonisation

De 1910 à 1945 la Corée est occupée par le Japon. Durant toute cette période les occupants n’eurent de cesse de tenter d’annihiler l’identité coréenne, multipliant les interdictions et imposant sans relâche les moeurs et méthodes de l’empire nippon. A titre d’exemple, seul l’usage du japonais était autorisé en public. Les activités liées à la nation et aux traditions coréennes furent abolies. Les arts martiaux n’échappèrent pas et le Takyon fut interdit et sa pratique disparut quasiment. Le Karaté fut introduit dans la péninsule par l’armée d’occupation du Japon.

La libération du pays le 15 août 1945, provoqua l’émergence d’un fort mouvement patriote visant à raviver la conscience nationale. Des jeux traditionnels transmis de longue main réapparurent au grand jour et des individus qui avaient pratiqué secrètement les arts martiaux du Taekyon revinrent sur le devant de la scène. Rapidement, de nombreux Dojang essaimèrent aux quatre coins de la Corée avec le retour au pays d’étudiants partis faire leurs études au Japon. Parmi lesquels, le futur Général Choi Hong Hi, père du Taekwondo moderne.

Dès son plus jeune âge, son père le conduisit auprès de l’un des plus fameux maîtres de calligraphies de Corée, Han Il-Dang. Ce dernier en plus de ses talents de l’art de la Calligraphie était également un Maître de Taekyon. Maître Han entreprit donc d’enseigner les rigoureux exercices du Taekyon pour renforcer le faible corps du jeune Choi. Avec la seconde guerre mondiale, Choi est envoyé au japon pour poursuivre ses études. A Kyoto, il rencontre un compatriote, M.Kim Hyun-Soo qui lui enseigne le Kataté Do Shotokan. Après deux ans d’entraînement rigoureux, Choi obtient le grade de ceinture noire 1ère dan. Ces techniques mêlées à celle du Taekyon pour le travail des jambes constitueront les fondements du futur Taekwondo.

On retrouve ce cursus pluridisciplinaire chez bon nombre des fondateurs des 9 kwan (Académie d’Arts Martiaux) d’après guerre ( Chung Do Kwan de Won Kuk Lee, 2ème dan de Karaté; Muduk Kwan de Me Hwang Kee, Sifu de Kungfu….).

Peu après l’ouverture des premiers kwan, le besoin de « coréeaniser » s’est rapidement fait sentir. Le Oh Do Kwan, école militaire du Général Choi Hong Hi contribuera grandement à ce processus qui connu trois étapes importantes :

la première a été le choix d’un nom coréen (taesudo puis Taekwondo) issu de la réunification en 1955 de plusieurs Kwan sous la férule du Général. Le nom Taekwondo se rapproche étrangement de celui de Taekyon.

la seconde fut la création d’un système et d’une progression technique complètement distincte de l’art martial japonais (relèvement des positions, introductions de coups de pieds sautés et retournés…).

le troisième fut d’établir l’existence de Taekwondo comme produit de la civilisation coréenne.

Suite à une démonstration dirigée par le Général Choi devant le Président Syngman Rhee, en pleine guerre de Corée (1950-1953), le Taekwondo est rendu obligatoire dans l’armée coréenne. C’est cette première décision prise par le Président de la Corée du Sud qui va donner au Taekwondo son élan mondial.

Les Grandes Dates du Taekwondo Moderne

1953

Le terme Taekwondo apparaît pour la première fois

1961

Fondation de la KTA (Korea Taekwondo Association)

1973

Naissance du Kukkiwon et de la World Taekwondo Federation (WTF)

1988

Première participation du Taekwondo en tant que sport de démonstration aux Jeux Olympique de Séoul

2000

Le Taekwondo devient sport olympique à part entière à Sydney

1 réponse

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire